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ALRIVIE J.-J. (30/5/2015)

 

Honte et pudeur dans la Grèce antique (résumé)

 

Rappel d'une distinction de sens entre avoir pudeur et avoir honte, présente en Grèce archaïque, dès l' Iliade, puis chez les Tragiques : on éprouve de la pudeur ( aidôs), c'est à dire un sentiment de retenue vis à vis de quelque chose dont on aurait honte(aischuneisthai) si on le faisait. La pudeur est une notion qui peut paraître strictement anthropologique, mais:

La pudeur (aidôs) chez Pindare, dans la Septième Olympique a un sens ontologique, que nous décryptons, grâce au commentaire qu'en fait Heidegger dans son cours sur Parménide: la pudeur c'est ce qui maintient les choses dans leur être. En tant qu'elle se définit comme pensée préméditante, elle permet aux hommes de rester dans les limites de leur nature et de se confier comme il convient au battement du cèlement (voilement) et du décèlement ( dévoilement) qui rythme le temps. On peut voir aussi chez Hésiode, dans les Travaux et les Jours, le départ de Aidôs, quittant la terre pour l'Olympe, dans le mythe de la cinquième et dernière race d'hommes, la nôtre, qui s'est vouée à la démesure: elle abandonne ainsi les hommes au mal, irrémédiablement.
La distinction entre honte et pudeur disparait chez Aristote, mais elle continue à vivre, plus ou moins en souterrain, puisqu'on la retrouve au XVII ème siècle chez Spinoza dans le livre III de l'Ethique où elle s'exprime par les deux termes de pudor et verecundia, avec une définition strictement identique à celle que nous avons donnée plus haut. Il serait intéressant d'en faire l'histoire et de voir pour quelles raisons cette distinction connait elle- même, au cours du temps, ce battement du cèlement et du décèlement dont parle Pindare…