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Phénoménologie, Daseinsanalyse et psychiatrie (CABESTAN P.)

Phénoménologie, Daseinsanalyse et psychiatrie*

 

Philippe Cabestan

 

Avec la naissance des sciences humaines ou sciences de l’homme à partir du XIXe — voire au tournant du 18e et du 19e siècle si l’on en croit Michel Foucault dont l’ouvrage, Les Mots et les choses, se veut une « archéologie des sciences humaines »[1] —, s’est progressivement imposée l’idée que lesdites sciences auraient acquis leur scientificité en s’émancipant de la tutelle de la philosophie. À l’antique prétention de la philosophie à établir les fondements du Savoir, répondrait désormais l’autonomie, institutionnellement proclamée, des différentes sciences. Disons-le sans détour : une telle conception nous paraît naïve et relever du scientisme, c’est-à-dire d’une foi dans la science fondée sur le mépris de la philosophie. Que l’on nous comprenne bien : il n’est pas question de méconnaître l’intérêt des recherches entreprises en linguistique, en économie, en démographie, en sociologie ou en psychopathologie, auxquels en son temps un phénoménologue comme Merleau-Ponty sut accorder toute son attention[2]. Mais il n’en va pas moins de soi que toute science, qu’elle relève des sciences de la nature ou des sciences de l’esprit, rencontre nécessairement la question éminemment philosophique, ou si l’on veut métaphysique, de ses concepts fondamentaux dont la détermination ne saurait être purement empirique. Autant vouloir tirer de l’expérience le principe d’inertie ou d’impénétrabilité de la matière, ce qui, si l’on y réfléchit bien, est rigoureusement impossible.

La nécessité d’une collaboration et donc d’un dialogue entre la philosophie et les sciences s’impose manifestement lorsqu’il s’agit de ces disciplines qui se donnent pour objet la psyché et qui prétendent sinon la guérir du moins la soigner. En effet, qu’elles le veuillent ou non, la psychologie, la psychopathologie, la psychanalyse ou psychologie des profondeurs, sans oublier la psychiatrie, ne peuvent pas ne pas s’interroger sur la nature de cet être qui n’est peut-être qu’une abstraction, un être de raison, qu’on appelait auparavant l’âme en le distinguant du corps, et qu’on appelle aujourd’hui la psyché. Qu’est-ce qu’un phénomène psychique ? Qu’est-ce qu’un processus ou une force psychique ? Qu’est-ce qu’une représentation psychique ? Qu’est-ce que le psychisme ? Qu’est-ce qu’une maladie psychique ? Ces questions, et bien d’autres encore, sont des questions éminemment philosophiques qui, comme nous voudrions tenter de le montrer, engagent une réflexion ontologique et auxquelles la philosophie alias la phénoménologie s’efforce précisément de répondre. C’est dans cette perspective que nous voudrions ici tenter de présenter la phénoménologie, la Daseinsanalyse et, enfin, à travers les œuvres de Ludwig Binswanger et de Medard Boss, la psychiatrie phénoménologique ou Daseinsanalyse médicale[3].

 

I. Husserl et l’idée d’une psychologie phénoménologique

 

Historiquement, la phénoménologie est tout d’abord l’œuvre d’un philosophe allemand, Edmund Husserl, auteur en 1901 des Recherches logiques et en 1913 des Idées directrices pour une phénoménologie et une philosophie phénoménologique pures. Un mot d’ordre, un principe méthodologique caractérise l’entreprise husserlienne : le « retour aux choses mêmes (zurück auf die Sachen selbst) ». En d’autres termes, à rebours de toute entreprise spéculative, la phénoménologie husserlienne se distingue par son souci de l’apparaître, c’est-à-dire des phénomènes au sens étymologique du terme, et par sa volonté de privilégier la description de la manière dont, en tant que vécus (Erlebnisse), ils se donnent à la conscience.

Pour éclaircir ce projet, on peut reprendre l’exemple paradigmatique de la perception. En effet, si, à la suite de Husserl, nous interrogeons le perçu dans sa relation à la conscience qui le perçoit et tentons de décrire la perception en tant qu’acte d’une conscience qui vise un objet selon une modalité spécifique, il apparaît qu’on ne saurait confondre l’acte de percevoir en tant que tel avec la visée d’un objet imaginaire par une conscience imageante ou encore avec la visée d’une signification par une conscience de signe. D’emblée surgit le deuxième principe de la phénoménologie husserlienne que l’on résume traditionnellement par l’affirmation : toute conscience est conscience de quelque chose. En d’autres termes, toute conscience est intentionnelle, toute conscience vise nécessairement selon une modalité définie un objet, et l’intentionnalité est la structure première de la subjectivité — y compris de la subjectivité pathologique. Ces quelques mots laissent aisément deviner la proximité de la phénoménologie husserlienne et de la psychologie. Pour Husserl, il va de soi que ce que découvre la phénoménologie peut être, pour une part tout du moins, repris par la psychologie, de telle sorte que la phénoménologie est le véritable fondement de la psychologie en tant que psychologie phénoménologique.

On devine peut-être, également, l’intérêt pour la psychiatrie de ces considérations. Soit, par exemple, un phénomène pathologique comme l’hallucination. Traditionnellement, notamment depuis Henri Ey, on définit l’hallucination comme une perception sans objet à percevoir. Or, d’un point de vue phénoménologique, on peut s’interroger sur la légitimité d’une telle définition qui est pour le moins déroutante, compte tenu de la structure intentionnelle de la conscience. En effet, si percevoir signifie toujours et nécessairement, percevoir quelque chose, de deux choses l’une : soit il y a perception et un objet est perçu soit aucun objet n’est perçu et il n’y a pas de perception. En d’autres termes, comment peut-il bien y avoir perception sans objet perçu, c’est-à-dire sans objet ou corrélat intentionnel de la perception ? En outre, ce qui est perçu est posé comme réel et s’inscrit dans la spatio-temporalité du monde réel. Je perçois cet objet ici ou là à tel ou tel moment. L’hallucination soulève donc la question de la nature de la spatio-temporalité dans laquelle s’inscrit l’objet halluciné : s’agit-il de la spatio-temporalité réelle dans laquelle résonne la voix du médecin ou bien d’une autre spatio-temporalité ? Sans aller plus avant, signalons juste que, dans son essai de psychologie phénoménologique de 1940, intitulé L’imaginaire, Sartre soutient précisément que les hallucinations ne relèvent pas de la perception mais d’une conscience fondamentalement différente, qui est dite imageante, thèse que Merleau-Ponty reprend et discute en 1945, dans sa Phénoménologie de la perception[4].

Nous comprenons ainsi que des phénomènes élémentaires comme les fausses perceptions, les illusions des sens, le rêve, l’obsession mais aussi le délire, la fuite des idées, etc., sont susceptibles d’une description phénoménologique. Ainsi, le philosophe et psychiatre allemand, Karl Jaspers, dans son monumental traité de Psychopathologie générale, dont la dernière édition remonte à 1946, plaide-t-il pour une psychologie subjective ou phénoménologie dont la tâche serait de fixer les phénomènes élémentaires de la vie psychique pathologique. Lecteur de Dilthey et de Husserl, Jaspers s’oppose aux mythologies cérébrales d’un Wernike et peut-être considéré, à bien des égards comme le fondateur de la psychopathologie phénoménologique.

 

II. Heidegger et la Daseinsanalyse.

 

À dire vrai, en évoquant les noms de Husserl et Jaspers, nous envisageons ce qu’on pourrait appeler la préhistoire de la psychiatrie phénoménologique, s’il est vrai qu’elle trouve son véritable commencement dans l’œuvre de Martin Heidegger et son accomplissement dans la Daseinsanalyse médicale. En effet, disciple de Husserl, Heidegger publie en 1927 un ouvrage — que le philosophe Emmanuel Levinas tenait pour l’une des trois ou quatre grandes œuvres de l’histoire de la philosophie, avec le Phèdre de Platon et la Critique de la raison pure de Kant — intitulé Être et temps[5]. Dans cet ouvrage, il n’est certes pas plus question de psychopathologie que de psychiatrie. Cependant, comme nous allons essayer de le montrer, parce que la visée de Heidegger est à proprement parler ontologique, son entreprise intéresse directement la psychiatrie et se tient au fondement de ce qu’on appelle parfois l’analyse existentielle ou Daseinsanalyse médicale.

Tout d’abord, qu’est-ce que la Daseinsanalyse, et si la Daseinsanalyse est l’analyse du Dasein, qu’est-ce que le Dasein? Heidegger (ré)introduit en philosophie la notion de Dasein — qu’on traduit parfois par « l’être-là » ou par « l’existant » mais qu’il est préférable finalement de garder tel quel — afin de désigner l’homme en tant qu’ouverture à l’être. De ce point de vue, être pour le Dasein, signifie être-au-monde, exister, être en avant de soi sous la forme du projet, découvrir son être jeté comme sa mortalité à travers l’angoisse, etc. Toutes ces caractéristiques de l’existence humaine, que nous nous contentons d’évoquer de manière quelque peu rapsodique, constituent ainsi les déterminations fondamentales de l’être de l’homme ou existentiaux. Et nous comprenons déjà que, pour Heidegger, le Dasein est un être qui se distingue des autres êtres non par telle ou telle détermination mais par un mode d’être qui est radicalement différent. Car, d’une manière générale, le Dasein est cet être pour lequel, à la différence des autres êtres, il est, dans son être, question de son être[6]. En d’autres termes, le Dasein est un être pour lequel être ou exister va si peu de soi, qu’il est condamné à s’interroger sur ce que signifie être ou bien à fuir une telle interrogation.

Quel est maintenant le rapport entre cette analyse existentiale de l’être du Dasein et la psychiatrie ? Pour le comprendre, il suffit de remarquer que cette analyse heideggérienne jette les fondements d’une nouvelle anthropologie du point de vue laquelle l’homme n’est pas plus une chose qu’un animal, même raisonnable, mais un Dasein. L’homme ou Dasein n’est pas une chose car la chose subsiste tandis que le Dasein existe. Ce qui signifie notamment que les concepts de la physique et, plus généralement, des sciences de la nature, comme ceux de cause et d’effet, de force, d’énergie, etc. sont par principe inadéquats pour décrire les conduites d’un être qui est avant tout un existant. De ce point de vue, il est déjà possible de mettre en question le concept de psyché en tant qu’objet même de la psycho-logie comme de la psycho-pathologie, dans la mesure où un tel concept, d’une part, reconduit l’impossible dualisme de l’âme et du corps et, d’autre part, masque une réification de l’existant dont la psyché est assimilée, par exemple, à un ensemble de forces psychiques.

 

III. Les deux fondateurs de la Daseinsanalyse médicale : Ludwig Binswanger et Medard Boss.

 

Deux grands psychiatres suisses ont très vite saisi tout l’intérêt pour la psychiatrie de ces travaux issus de la phénoménologie : Ludwig Binswanger et Medard Boss.

D’une insatiable curiosité intellectuelle, Binswanger (1881-1966) a d’abord été attiré par la psychanalyse freudienne. Mais, tout en conservant des relations amicales avec Freud, il s’en éloigne inexorablement lorsqu’il découvre à partir de 1913 l’œuvre de Husserl. Ainsi est-il historiquement le fondateur de la psychiatrie phénoménologique qui naît, si on veut lui fixer une date de naissance, en 1922, lors de la 63e séance de la société suisse de psychiatrie, au cours de laquelle Binswanger présente un exposé sur la phénoménologie husserlienne et ses implications psychopathologiques tandis que Eugène Minkovski propose l’étude d’un cas de mélancolie schizophrénique menée d’un point de vue phénoménologique au sens large, fortement marqué par l’influence de Bergson. Cependant, la publication en 1927 d’Etre et temps par Heidegger constitue pour Binswanger un véritable événement. Car Binswanger comprend très rapidement que cette œuvre introduit une nouvelle définition de l’homme qui est dès lors compris comme un Dasein. Aussi, à partir de 1943, Binswanger place-t-il ses recherches sous le titre de Daseinsanalyse — ce que masquent les traductions françaises de ses textes dans lesquels il n’est question que d’analyse existentielle.

 Mais il ne faudrait pas que la célébrité relative de Binswanger éclipse le travail de son cadet d’une vingtaine d’années, Medard Boss (1903-1991), que Heidegger, pour sa part, tient pour le véritable fondateur de la Daseinsanalyse au sens médical du terme. En effet, contrairement à Binswanger qui conserve une certaine liberté théorique vis-à-vis de Heidegger, Boss est un psychiatre qui se veut d’une orthodoxie sans faille, et dont les travaux en psychosomatique et en psychopathologie se réclament explicitement de Heidegger qui, du reste, les relit et parfois les corrige. Dans le cadre de cette collaboration, Boss et Heidegger tiennent ensemble un séminaire pendant une dizaine d’années (1959-1969), qui réunit des étudiants en médecine, des médecins, des psychothérapeutes et des psychiatres. Quelles que soient les divergences que l’on peut noter entre Boss et Binswanger, dont les relations ne sont pas exemptes d’une certaine rivalité, on retrouve chez l’un comme l’autre le souci de comprendre les maladies à partir de l’analytique existentiale de Heidegger et donc à partir des concepts tels que l’existence, le projet, l’angoisse, la temporalité, etc.

Mais afin de donner une idée un peu plus précise du lien entre Daseinsanalyse et psychiatrie, nous voudrions évoquer l’essai de 1956 de Binswanger, intitulé les Trois formes manquées de la présence humaine (présence humaine traduit ici Dasein), au cours duquel Binswanger s’attache à décrire le maniérisme des schizophrènes non comme un symptôme considéré isolément mais comme une conduite qu’il faut comprendre, à chaque fois, en la réinscrivant dans l’histoire ou le cours d’une existence. Ce que montre Binswanger à propos du cas Jürg Zünd, c’est que la manière particulièrement affectée, crispée et manquant de naturelle avec laquelle ce malade se déplace lui permet de « cacher ou masquer une faiblesse existentielle, une angoisse de vie ou de mort » ainsi qu’une forte agressivité qui, par exemple, le conduit un jour à gifler un professeur. De ce point de vue, comme l’écrit Binswanger, le maniérisme est « un produit de l’intentionnalité et de la réflexion »[7]. La dissociation (Spaltung) peut alors être comprise à partir de perte d’autonomie du soi en raison de l’emprise exercée par un type général de conduite, emprunté à l’opinion publique (dictature du on)[8].

 

Conclusion

 

À partir de ce bref portrait de la psychiatrie phénoménologique et de la Daseinsanalyse, on pourrait penser que ce courant appartient, étant données ses références, à un passé révolu. Ce serait oublier, pour nous en tenir au cas de la France, la personnalité et l’œuvre remarquables d’Arthur Tatossian (1929-1995) qui consacra sa thèse de médecine, en 1957, à l’Etude phénoménologique d’un cas de schizophrénie paranoïde. Tatossian eut par la suite des élèves qui ont bénéficié de son enseignement et grâce auxquels cette culture est demeurée vivante : les professeurs Dominique Pringuey (Nice), Jean-Michel Azorin, Jean Naudin (Marseille). Tout récemment, Georges Charbonneau (Argenteuil) a publié une Introduction à la psychopathologie phénoménologique en deux volumes qui a reçu le prix de L’Évolution psychiatrique. Mais, incontestablement, l’audience de la psychiatrie phénoménologique demeure limitée et son identité demeure relativement vague lorsqu’elle n’est pas ignorée de bien des psychiatres.

Afin d’en préciser les contours, nous pouvons tenter de situer la Daseinsanalyse par rapport aux tendances dominantes de la psychiatrie actuelle. Tout d’abord, même si les fondements de la Daseinsanalyse sont explicitement empruntés à la pensée heideggérienne, ceci ne doit pas laisser croire que d’un point de vue thérapeutique, la Daseinsanalyse néglige les secours que, le cas échéant, les psychotropes peuvent offrir aux malades. À ce propos, il convient de rappeler que l’on doit à Roland Kuhn, l’ami et le disciple de Binswanger, la découverte en 1957 du premier antidépresseur, l’imipramine, qui fut commercialisé sous le nom de Tofranil. Ainsi, la Daseinsanalyse est loin d’ignorer la révolution pharmaceutique des années cinquante. Mais il va de soi que, pour la Daseinsanalyse, la thérapie ne peut se réduire à la prescription de médicaments et qu’il s’agit avant tout pour le médecin de se porter au secours d’un Dasein qui n’est plus en mesure d’assumer son existence.

Pour ce qui concerne la Daseinsanalyse et la psychanalyse (freudienne et post freudienne), il faut souligner à la fois leur parenté mais aussi les divergences profondes qui les séparent. La parenté repose sur la conviction partagée que, comme nous l’avons vu à propos du maniérisme, les conduites pathologiques ont un sens. De ce point de vue, la Daseinsanalyse rejette tout ce qui, au sein même de la psychanalyse, procède d’une chosification de l’existence et, par suite, du déni de la signification des conduites pathologiques. Aussi la Daseinsanalyse ne peut accepter l’hypothèse freudienne d’une psyché assimilée à un appareil psychique, constitué de forces psychiques inconscientes.

D’une manière générale, la Daseinsanalyse rejette toute forme de naturalisme ou physicalisme au sens d’une réduction de l’existence à un phénomène analogue aux phénomènes physiques. On devine alors les réticences que suscitent les sciences cognitives et les thérapies qu’elles inspirent, dans la mesure où ces sciences assimilent la cognition à un calcul qui peut être accompli par une machine. Non que la Daseinsanalyse considère avec dédain les découvertes accomplies dans le cadre, par exemple, des neurosciences. Mais, une fois admis que ces dernières ne sauraient offrir l’alpha et l’oméga de l’explicitation des conduites pathologiques, toute la difficulté est de leur assigner la place et de déterminer en toute rigueur la signification qui leur reviennent.

Ainsi, s’il fallait résumer d’une phrase l’apport de la Daseinsanalyse à la psychiatrie, on pourrait dire que sa tâche est au fond relativement modeste : rappeler au psychiatre que son patient n’est ni une chose, ni un vivant mais un existant, c’est-à-dire un être tel que ce qui l’aliène doit être compris à partir de son ouverture originelle à l’être.

 


* Ce texte correspond à la version corrigée d’une intervention présentée le 18 novembre 2011 dans le cadre d’une journée : « Les bases philosophiques de la psychiatrie : la nécessaire conscience de la science ? », organisée par l’Association Française de Psychiatrie.

[1] M. Foucault, Les Mots et les choses, Paris, Gallimard, 1966, p.14.

[2] E. Bimbenet, Après Merleau-Ponty, « Merleau-Ponty au seuil des sciences humaines », Paris, Vrin, 2011, p. 231.

[3] Pour une présentation plus complète de ce dialogue noué par la phénoménologie et la psychiatrie, nous nous permettons de renvoyer au livre que nous venons de publier avec Françoise Dastur : Daseinsanalyse, Paris, Vrin, 2011.

[4] J.-P. Sartre, L’imaginaire, Paris, Gallimard, 1986, p. 285 et sq. M. Merleau-Ponty, Phénoménologie de la perception, Paris, Gallimard, col. TEL, 1985, p. 385 et sq.

[5] M. Heidegger, Être et temps, trad. fr. F. Vezin, Paris, Gallimard, 1986.

[6] Ibid., p. 283.

[7] L. Binswanger, Trois formes manquées de la présence humaine, trad. fr. J.-M. Froissart, Argenteuil, Le Cercle herméneutique, 2002, p. 140.

[8] Ibid., p. 219.